La Fondatrice

Une histoire de passion, de savoir-faire et de temps retrouvé.
Une vocation qui ne m'a jamais quittée
Mon histoire avec la création commence bien avant la naissance de ma maison. J'avais onze ans lorsque j'ai réalisé mon premier dessin. Déjà, je m'imaginais donner vie à mes idées, dessiner des silhouettes et créer de mes mains.
La vie m'a d'abord conduite sur un autre chemin. Mais certaines aspirations demeurent, même lorsqu'elles doivent attendre leur heure. Animée par cette conviction profonde, j'ai un jour décidé de reprendre mes études pour apprendre la couture. Ce choix était celui d'une détermination : celle de me donner enfin les moyens de faire ce qui m'avait toujours appelée.
L'exigence du geste, la liberté de créer
Pendant neuf années, j'ai travaillé au sein d'un Façonnier de luxe, au service de grandes maisons. J'y ai appris la rigueur, la précision, la beauté du geste et l'exigence des finitions. J'y ai également développé un regard attentif aux matières, à leurs qualités et à ce qu'elles permettent de donner à une silhouette.
Puis, la vie m'a menée vers un autre univers : celui du costume. Durant huit années, j'ai créé des costumes historiques et des pièces de fantaisie, explorant d'autres formes, d'autres époques et d'autres imaginaires. Cette expérience a nourri ma liberté créative et élargi mon approche du vêtement, de la silhouette et de la mise en scène.
De ces deux univers est née une sensibilité singulière, à la croisée de la maîtrise technique et de l'imaginaire, de l'exigence du travail bien fait et de la liberté de créer.
Une inspiration puisée dans le passé
L'histoire occupe une place importante dans mon regard de créatrice. Les musées, l'architecture ancienne, les lieux chargés de mémoire et les costumes d'époque sont autant de sources d'inspiration qui nourrissent mon imaginaire.
Je suis particulièrement sensible à l'élégance des silhouettes des années 1930 et 1940, à leurs lignes, à leurs proportions et à ces codes vestimentaires qui donnaient au vêtement une présence singulière.
Il ne s'agit pas de reproduire le passé à l'identique, mais d'en retrouver l'esprit, d'en réinterpréter les détails et d'en faire émerger une élégance contemporaine. J'aime l'idée qu'une création puisse porter en elle un écho d'une autre époque tout en trouvant naturellement sa place dans la vie d'aujourd'hui.
Cette recherche se prolonge dans le choix des matières. Les étoffes fluides et douces m'attirent particulièrement, tout comme la délicatesse d'une broderie anglaise, la richesse d'une couleur ou la beauté d'un tissu qui révèle toute sa personnalité à la lumière.
Le goût du détail juste
Pour moi, la qualité d'une création se joue autant dans sa silhouette que dans ce qui ne se voit pas immédiatement.
J'accorde une attention particulière aux finitions intérieures, à la propreté des assemblages et à la manière dont les matières se rencontrent. La couture anglaise et les finitions au biais occupent ainsi une place privilégiée dans mon travail. Elles témoignent de cette exigence discrète qui consiste à apporter autant de soin à l'intérieur d'une pièce qu'à son apparence.
Ce souci du détail n'est pas un simple exercice technique. Il participe à la qualité globale du vêtement, à sa tenue et au plaisir que l'on éprouve à le porter.
Créer, laisser évoluer, trouver la justesse
Chaque création commence par une idée, parfois très simple, qui prend forme sur le papier. Je dessine une première silhouette, puis je la laisse évoluer au fil du trait, des recherches et du travail de la matière.
Le dessin initial n'est jamais une limite définitive. Au cours de la réalisation, certains éléments peuvent apparaître, d'autres disparaître. Une ligne se transforme, un détail s'impose, une idée nouvelle ouvre une autre voie.
C'est dans ce dialogue entre l'intention première et ce que la création révèle progressivement que je trouve une part essentielle du plaisir de créer. J'aime cette liberté de ne pas figer trop tôt le résultat, de laisser au modèle la possibilité de devenir autre chose que ce qui avait été imaginé au départ.
La pièce aboutie est alors le fruit d'un cheminement, d'une recherche et d'une succession de choix qui lui donnent sa justesse.
Célébrer la femme, librement
À l'aube d'un nouveau chapitre de ma vie, une évidence s'est imposée : il était temps de réunir ces expériences pour donner naissance à mon propre univers.
C'est ainsi qu'est née Maison Valtesse de Séléné, fruit d'un cheminement professionnel et personnel, d'années d'apprentissage et d'une réflexion profonde sur ce que je souhaitais transmettre à travers mes créations.
Je crée pour célébrer la femme, sa singularité, sa sensibilité et sa liberté d'être. Je crois profondément que la féminité et le féminisme ne s'opposent pas. La féminité peut être une expression choisie, libre et plurielle, qui n'appartient qu'à celle qui l'incarne.
Embellir une femme ne signifie pas lui dicter ce qu'elle doit être. C'est lui proposer une pièce dans laquelle elle peut se reconnaître, se sentir belle et renouer avec une part d'elle-même.
C'est cette vision que je souhaite faire vivre à travers la maison : une féminité qui ne s'impose pas, mais qui s'épanouit.
Le temps comme signature
À l'heure où tout semble devoir être immédiat, je fais le choix d'une autre temporalité.
Créer demande du temps : celui de la réflexion, de la recherche, du choix des matières, des essais, des ajustements et des finitions. Celui aussi de laisser une idée mûrir jusqu'à ce qu'elle trouve sa juste forme.
Je souhaite préserver cette temporalité propre à l'artisanat, dans laquelle chaque étape compte et où la qualité ne se négocie pas au nom de la rapidité.
Je privilégie une démarche attentive aux détails, aux matières et à la justesse de chaque création. Certaines pièces pourront être personnalisées ou réalisées à la demande, afin de privilégier une production réfléchie plutôt qu'une accumulation d'objets éphémères.
Pour moi, prendre le temps n'est pas un luxe superflu. C'est une manière de redonner sa valeur au travail artisanal, à l'objet que l'on choisit et au lien que l'on tisse avec lui.
Faire grandir une maison
Aujourd'hui, je développe Maison Valtesse de Séléné avec une ambition qui dépasse la création de pièces singulières.
Mon souhait est de faire grandir progressivement une véritable maison de couture, portée par l'exigence, la créativité et la valorisation du savoir-faire français. Une maison capable de réunir des compétences, de transmettre des gestes et de faire vivre une vision durable de la création.
Chaque pièce est une étape de ce chemin. Chaque projet contribue à construire un univers dans lequel l'artisanat, l'élégance et la liberté créative trouvent leur place.
